segunda-feira, 19 de janeiro de 2015

Non, je ne suis que moi...

Désolé, mais je ne suis pas Charlie...

Ni Charlie, ni aucun autre nom que quelqu’un veut m’imposer ou que quelqu’un s’impose pour diviser les gens dans des catégories.

Je ne suis pas Charlie, de la même façon qu’un musulman n’est pas un terroriste.
Je ne serai jamais un mot, et encore moins si ce mot là veut dire que pour vivre ma liberté, il faut que je menace la liberté des autres.

Ce n’est pas ça qu’on appelle « terrorisme » ?
Le fait d’attaquer quelqu’un au nom de n’importe quoi?

Chez moi on dit que « la liberté des uns s'arrête là où commence celle des autres »...
Peut-être que l’on n’a pas tous la même liberté... Si non, peut-être que l’on penserait plus aux millions de gens qui ont leur liberté menacé tous les jours partout dans le monde... Qui sont tués par milliers... Mais ça, ce sont d’autres histoires qu’apparemment n’intéressent pas beaucoup de monde de ce coté de la planète...

Je ne serai pas la police non plus.
Peut-être que les gens se manifestent trop sans vraiment penser à ce qu’ils disent ou font mais quand, pendant des mois, des milliers se manifestaient tous les jours contre la violence gratuite des autorités, se dire « la police » maintenant me semble aussi bizarre que le fait qu’on crie « aux armes citoyens » quand on se manifeste contre des gens qui sont (...étaient) des citoyens au même titre que nous. Et pourtant, nous disons cela pour critiquer le fait qu’ils utilisent des armes. N’est-ce pas paradoxal ?

On ne pense même pas que dans « les pays d’où ils viennent», «les armes sont leurs crayons » (???!!!!????) parce qu’il n’y a pas si longtemps, il y avait des puissances coloniales qui les leur imposaient. Mais l’époque des territoires ultra-marins est finie, n’est-ce pas ?...

On n’a pas besoin de chercher des coupables.
Les coupables sont tous ceux qui croient que leur liberté est plus valable que celle des autres et que leurs armes sont plus dignes, principalement quand on oublie qui a empêché « les autres » de développer des « armes plus dignes » à nos yeux ; qui leur refuse la dignité que l’on « défend » partout...

C’est à nous de dire non à l’indifférence et à la différence.
C’est à nous de défendre ce que l’on croit, et de respecter ce que croient les autres sans juger, sans critiquer, sans se moquer de ce que l’on ne comprend pas, au nom de la liberté.
Aucune liberté n’est digne de ce nom si elle essaie de blesser ou diminuer une autre liberté, de la même façon qu’aucun acte terroriste n’est justifiable, qu’aucune action qui essaie de blesser une vie est légitime.
C’est à nous de dire à nos enfants qu’il n’y a pas des personnes meilleures que les autres.
C’est à nous de leur apprendre que nous avons tous la même dignité, que personne ne peut se croire plus sage. Et que l’égalité et la fraternité sont aussi importantes que la liberté.
C’est à nous de leur dire qu’ils peuvent être ce qu’ils veulent si ils respectent également ce qui les autres sont.

En fait, je suis Charlie, et Ahmed, et Maria, et Shiri.
Je suis policier, et journaliste, et femme de ménage, et trapéziste.
Je suis juive, et musulmane, et chrétienne, et animiste...
Et je serai tout ce qu’il faut si je ne tue, ni blesse, ni essaie de faire souffrir personne à cause de mes croyances, qu’elles soient religieuses ou morales, spirituelles ou civiques. Mais je ne serai jamais ce que les autres m’appellent simplement parce que ça leur convient.
D’eux, je n’espère qu’être respectée comme un être qui cherche la même chose que tous les autres : le bonheur et l’opportunité de vivre le mieux que je peux, sans étiquettes, le temps qu’il me reste.

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